La terre surpeuplée ?

Légende du graphique : DÉMOGRAPHIE, ÉCOLOGIE : PAS DE LIEN MÉCANIQUE

Sur ce graphique, chaque ensemble de pays apparait, à gauche sous la forme d’un carré de couleur, dont la taille est proportionnelle à son poids démographique en 1961 et en 2005 ; à droite, sous la forme d’un polygone dont la surface est cette fois à la mesure de son empreinte écologique aux mêmes années.

En comparant l’un et l’autre, on peut ainsi vérifier que l’augmentation de l’empreinte écologique ne se fait pas au rythme de la croissance démographique mais qu’il évolue davantage en fonction de la croissance des revenus (PIB).

La terre est elle surpeuplée ?


La Terre s’épuisera-t-elle sous le poids de ses habitants ? C’est en tout cas l’avenir que promettent plusieurs théoriciens qui préconisent de réduire la population mondiale pour sauver la planète des périls écologiques qui la menacent. À moins que le vrai risque écologique soit une fausse question démographique…

> Le nouveau paradigme malthusien

On ne compte plus les articles de presse qui font état d’une planète déjà ou bientôt trop peuplée. Invariablement ou presque, ils s’appuient sur le même paradigme malthusien : la population mondiale continue de croître alors que les ressources de la planète sont limitées et que les équilibres écologiques se détériorent de toute part. Retenu à titre de preuve, l’épuisement des terres agricoles s’imposerait désormais comme une fatalité. À leur tour, les guerres de l’eau seraient inévitables en dépit du doute que l’absence de précédent peut encore inspirer. Enfin, témoin de la surcharge démographique planétaire, le réchauffement climatique ne laisserait plus d’autre choix à l’humanité que le contrôle des naissances.

Si les préoccupations qui gouvernent ce type de projections sont en tout point légitimes au regard des dégradations de l’environnement en cours, elles imposent pourtant plus que jamais de savoir prendre de la distance pour pouvoir interroger les faits avec rigueur.

Car pour leur part, les chiffres semblent davantage pointer croissance économique, niveau de consommation et modèle de développement. Certes, la croissance démographique des prochaines décennies soulèvera des problèmes sociaux et environnementaux colossaux dans les pays en développement. Pour autant, aucun d’eux ne valide encore l’idée qu’il existerait une population maximale que la Terre pourrait supporter… pas même le réchauffement climatique : tandis que la Chine et l’Inde représentent ensemble 37 % de la population mondiale, elles ne comptent que pour 26,7 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). À l’inverse, les États-Unis, le Canada et l’Union européenne réunis ne comptent pour leur part que pour 12,6 % de la population mondiale alors qu’ils sont à l’origine de 33,8 % des émissions de GES dans le monde.

Finalement, plutôt que préconiser des politiques de contrôle des naissances à l’efficacité incertaine, l’urgence n’est-elle pas à l’engagement de profondes réformes économiques et énergétiques qui, elles, permettrait plus sûrement d’éviter que la Terre devienne un jour effectivement « surpeuplée » !

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Commentaire (1)

  1. Collet dit :

    Bravo à Mme Raisson pour cet ouvrage passionnant ! Les cartes sont de vrais petits bijoux !

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